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Recap Webinar #1 : Supply chain & transformation numérique à l’ère post-COVID

Publié le 16 juil. 2020
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La crise sanitaire a révélé la vulnérabilité de chaînes logistiques mondiales et interdépendantes, notamment en matière d’approvisionnement des équipements de santé. Face à des outils de prévision traditionnels fortement malmenés, elle a aussi confirmé la nécessité de disposer d’une visibilité temps réel sur l’ensemble des flux d’actifs, ainsi que de poursuivre plus avant des mesures éco-responsables.

Alors que la reprise se profile à l’horizon, se pose la question d’une nouvelle normalité autour de la notion de résilience pour les réseaux supply chain (autrement dit, la capacité à rebondir).

En tant qu’éditeur de solution supply chain, Ownest s’est associé à la société de conseil opérationnel RGP pour animer un premier webinar dédié à la transformation numérique post-COVID. L’occasion de proposer un retour d’expérience croisé d’acteurs clés de l'industrie comme La Poste Group, SNCF Réseau et Toyota Material Handling France. Cet évènement fut assorti d’un décryptage d’insights de la part de RGP. Il en ressort que si tous relèvent un impact non négligeable sur leurs opérations, chacun d’entre eux a su mettre en place de nouvelles solutions pour résister et accélérer sa transformation numérique. L’enjeu de la digitalisation est ici double : atteindre rapidement un retour à la normale et booster la performance de l’entreprise.

Un impact inédit et immédiat sur les réseaux supply chain

Le webinar s’est accompagné d’un sondage live mené par RGP sur l’impact de la crise du COVID pour les activités supply chain. Il en est ressorti que la plupart des professionnels interrogés avaient été impactés. Tous n’ont néanmoins pas connu de rupture supply chain. C’est le cas du leader mondial du chariot élévateur, Toyota Material Handling France, qui avait fait le choix avant COVID d’une proximité de production (France, Suède et Italie), politique qui sera d'ailleurs poursuivi par le groupe.

“On a eu un double volet : ralentissement temporaire de l’activité et accélération avec une volonté de transformer” - Clément Bergé Lefranc, Président et Cofondateur d’Ownest

Via son dashboard visualisant en temps réel les flux d’actifs, l’éditeur de solution blockchain Ownest a été le témoin "privilégié" de l’impact immédiat de la crise sanitaire sur l’activité supply chain. D’un côté, une partie des réseaux logistiques s’est arrêtée, de l’autre, des flux d’activités ont soudain augmenté (suivant des mécaniques de compensation).

Eric Loustau, Directeur Général de la branche française de Toyota Material Handling, a, quant à lui, observé un report de la demande des distributeurs et logisticiens sur la location de ses chariots élévateurs pour faire face à un contexte inédit.

Une crise révèlatrice de la capacité d’adaptation des acteurs à la nouvelle normalité du “sans contact”

Un des leviers majeurs détectés par RGP pour favoriser la relance est l’intégration de boucles courtes entre stratégies opérationnelles.

Frédéric Petit, Président France et Vice-Président Europe chez RGP, cite à ce sujet, les propos de Romain Roulleau, Directeur Marketing de Kingfisher France (Brico Dépôt et Castorama en France) : « Avant comme n’importe quelle société on mettait un temps long de décision, aujourd’hui tout a été accéléré par 10 ou 20. Les décisions sont implémentées en 48h. Entre le fait de dire le digital c’est important et de le vivre tous les jours ce n’est pas pareil. C’est cette acculturation forcée au digital des organisations qui va avoir un impact sur la commercialisation des enseignes ».

L’ensemble des intervenants fait état de prises de décisions accélérées.

La crise a aussi contraint les organisations à revoir leurs méthodes de travail, leurs process et les outils à destination des équipes terrain.

Ainsi, d’après son Directeur BU logistique et transport Alexandre Berger, le Groupe La Poste a été amené à actualiser ses règles d'organisation, au gré de l’évolution des mesures de confinement, que ce soit en portage, en remise ou en collecte. L’idée était d’assurer la continuité de l’activité partout sur le territoire (et pas que dans les grandes agglomérations) tout en respectant les nouvelles mesures de distanciation sociale. En outre, La Poste a développé toute une série de solutions pour répondre à des besoins nouveaux comme l’acheminement de devoirs, de médicaments, de denrées alimentaires ou encore d’outils informatiques.

Il apparait qu'en situation de crise, l’effet d’expérience et d’anticipation permet clairement de diminuer l’impact sur l'opérationnel. Toyota Material Handling France avait ainsi déjà initié sa digitalisation de longue date : pré-COVID, le spécialiste du matériel de manutention avait opéré une migration de toute sa téléphonie et de la gestion des commandes sur le cloud.

Ownest, de son côté, planchait, pré-COVID, sur un double projet transfert de responsabilité à deux téléphones sécurisé via des codes SaaS (au lieu d’un seul) et la numérisation de la lettre de voiture (e-CMR). Ces projets ont été rapidement déployés afin de réduire les vecteurs potentiels du virus.

Aux yeux de Frédéric Petit, afin d’accroître la réactivité des logisticiens et d’auditer de manière précise l’impact de la situation, il convient de rester proche des équipes terrain. Pour préparer la stratégie et les nouveaux objectifs, il s’agit de constituer rapidement une équipe post-COVID. Autre reflexe à adopter : abandonner les sujets non stratégiques pour se concentrer sur ce qui va devenir le “New Normal”.

Autre conséquence de la crise : la refonte du métier de logisticien. Ainsi La Poste Group a été amené à acheminer des courses en frais, ce qui l’amène à renforcer sa gestion de la chaîne du froids.

Vers une industrie supply chain 4.0 plus résiliente et axée sur la digitalisation

Cette industrie 4.0, fer de lance de l’accélérateur initié par le dirigeant de l'armateur CMA CGM, ZEBOX, qu'Ownest a recemment rejoint, consiste en une interconnexion entre systèmes permise par les nouvelles technologies.

Transformation numérique : un levier facilitant la relance à l'ère post-COVID

L’ensemble des intervenants a relevé l’accélération de la transformation numérique de leur entreprise (avec comme toile de fond la démocratisation du télétravail) ainsi que la levée de la plupart des résistances au changement. Des remarques qui font échos au cabinet McKinsey qui affirmait dans une récente étude qu’en 2 mois de confinement, la société avait fait un bond de 5 ans dans sa transformation numérique. Ainsi, Toyota Material Handling France, qui avait sécurisé de longue date son fournisseur de papier afin de se conformer aux obligations légales liées aux OIV (Organismes d’Intérêts Vitaux) via la délivrance de PCA (Plan de Continuité de l’Activité), a numérisé l'ensemble de ses process.

“Ca fait des années que le métier de la logistique doit se digitaliser et on a des freins structurels liés à la supply chain : elle ne s’arrête jamais, elle est présente partout et depuis 20 ans on a une augmentation considérable du volume d’activité. On est sur une telle inertie qu’engager une digitalisation à petite échelle paraît difficile.” Clément Bergé Lefranc, Président et Cofondateur d’Ownest

Notez que la crise a fait office de catalyseur pour la supply chain en accentuant les rapports de force d’avant COVID.

Les intervenants ont insisté sur l’idée d’une accélération dans la continuité. Ainsi, certains sujets comme le télétravail et la réalité augmentée chez SNCF réseau, la proximité de fabrication tout comme la numérisation des documents administratifs chez Toyota Material Handling France ou bien encore la lutte contre la fracture numérique et la démocratisation de l'identité numérique chez le Groupe La Poste, vont devenir d'autant plus pregnant.es.

D'après Emmanuel Cox, Digital Transformation Officer chez SNCF Réseau, le COVID amène à repenser les modes de fonctionnement des organisations pour le futur et à prôner un "collaboratif mais sans le présentiel". C'est ainsi que la question de pouvoir assister un mainteneur le long des voies avec une expertise à distance via des outils digitaux sécurisés se pose encore plus en une telle période de crise.

Ca nous amène à penser à l’identité numérique d’une manière de plus en plus forte, à la validation sans contact […] de la bonne remise d’un actif, sans avoir à signer le smartphone d’un opérateur sur place. Alexandre Berger, Directeur BU logistique et transport du Groupe La Poste

Clément Bergé Lefranc, Président d’Ownest, a salué, pour sa part, la capacité d’adaptation des grands groupes qui ont souhaité rapidement engager voire accélérer leurs projets de transformation numérique.

Pour ce co-fondateur d’Ownest, la période constitue un moment unique pour accélérer le changement en capitalisant sur le taux d’adoption des entreprises qui implémentent de nouvelles technologies.

Le digital devient encore plus un levier de retour à la normale et de gain de performance pour pouvoir rattraper le temps perdu.” Emmanuel Cox, Digital Transformation Officer chez SNCF Réseau

Selon RGP, l’adoption du changement peut être facilité par une révision du sens donné à la transformation numérique à travers une vision long-terme impliquant une politique volontaire de développement durable. Sur ce dernier point c’est ainsi qu’en mai, 90 dirigeants et dirigeantes de grandes entreprises ont signé un plan de relance économique qui s'inscrit comme un accélérateur de la transition écologique.

"En terme d'orientations d'opportunités de transformation, on va continuer dans cet axe de respect de l'environnement et de proximité de fabrication." Eric Loustau, Directeur Général de Toyota Material Handling France

La blockchain parmi les 3 technologies stratégiques au service de la filière

L’important est d’expliciter la finalité de la mise en place d’une technologie donnée, étant entendu qu’elle doit s’inscrire dans une stratégie réfléchie. C’est ainsi que la solution Ownest s’inscrit au croisement de l’identité numérique, du transfert dématérialisé et du suivi de la chaîne logistique.

Si on déploie des outils digitaux sans que cela ne modifie en profondeur nos méthodes de travail et nos process, on perd l’enjeu et le gain associé. Emmanuel Cox, Digital Transformation Officer chez SNCF Réseau

Frédéric Petit de chez RGP conseil identifie 3 technologies pour espérer gagner en productivité et en compétivité dans la supply chain :

- La data analytics avec la mise en place d’un système de mesure dans le cas d‘importants’ panels de fournisseurs (plusieurs dizaines de milliers)

- La Blockchain, qui permet, à l’instar de la solution Ownest, une transparence totale, en temps réel, des flux d’informations et des produits. Dans une logique de réassurance du consommateur final, cette technologie distribuée entre en résonance avec les fortes demandes des consommateurs en termes de transparence sur l’origine du produit et de la localisation d’un produit en temps réel.

- La robotique , soit via des processus de RPA (Robotic Process Automation) de façon à optimiser les processus automatiques, soit en mettant en place des robots dans des lieux ou zones jugées « à risque » par les employé.es ou les client.es.

“Ce qui est clair, c’est que face à l’incertitude nous recherchons tous une chose : la clarté.” Frédéric Petit, Président France et Vice-Président Europe chez RGP

Le risque de rupture supply chain fait naître un besoin renforcé en visibilité temps réel sur les réseaux, une demande qui était déjà pregnante avant crise.

La société de conseil RGP exhorte les professionnels à déployer une méthode plus agile : La supply chain reste encore (trop) silotée dans le sens clients jusqu’au fournisseurs. Ce changement signifie donc reconnecter les personnes, les aider à avoir des outils simples et des boucles de décisions rapides sur des objectifs qui ont été clairement définis et sans oublier de prioriser.

En résumé

Vous l’aurez compris, la crise, inédite par son ampleur et sa durée, a entrainé une plus grande ouverture au changement et à la transformation numérique (structures et process), une accélération de la prise de décision voire même une refonte métier.

Pour conclure le cabinet de conseil opérationnel RGP invite les professionnels de la supply chain à formaliser un plan de reprise d’activité en 3 volets :

- Clarté de sens, essence de la nouvelle stratégie supply chain ;

- Débrancher pour mieux reconnecter à la nouvelle demande supply chain ;

- Intégrer des boucles courtes.

Par ailleurs, il reste important de “ne pas reconstruire le passé”. En effet “il n’y a pas de projet de transformation durable sans accompagnement du changement avec les opérateurs et opératrices terrain.

De son côté, pour Emmanuel Cox, c’est donc le tryptique humain — process — technologie, qu’il faut réussir à mener de front malgré un contexte incertain. Cela implique de l’accompagnement et de la réussurance mais aussi un grand travail de remise à plat et de reengineering.